Troubles du comportement alimentaire : qui peut m’aider ?

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Par Diane Gozlan
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Une bouchée pour maman, une bouchée pour papa…

Bébé a bien mangé. Puis bébé a grandi et a commencé à contrôler ses apports en nourriture, mais pas toujours de façon appropriée. Souvent négligés ou mis sous silence, les troubles du comportement alimentaires (TCA) concernent pourtant 20% de la population (selon EDP Sciences).
Ils englobent principalement l’anorexie, la boulimie, la compulsion alimentaire et l’orthorexie.

Quels sont les principaux TCA ?

L’anorexie

L’anorexie répond à une volonté active de restreindre son alimentation et de perdre du poids.

Il peut s’agir de :

  • Anorexie restrictive : la personne ne mange presque rien.
  • Anorexie-boulimie : la personne mange peu et compense les apports de nourriture par des vomissements.

La boulimie

La crise de boulimie est la consommation en un temps court d’une quantité importante d’aliments sans faim ni rassasiement, avec un fort sentiment de perte de contrôle et de culpabilité. Parfois, elle est suivie de vomissements.

La compulsion alimentaire

On l’appelle également l’hyperphagie. Les crises se manifestent par l’ingestion entre les repas d’une quantité importante d’aliments appréciés.

Ce comportement échappe au contrôle du malade. A l’inverse des crises boulimiques, on y trouve une part de plaisir, même sans faim. De plus, il n’y a pas de comportement compensatoire comme le vomissement ou l’hyperactivité. Pour poser le diagnostic, les crises doivent être importantes, fréquentes et conduire à une souffrance psychique notable et à un surpoids.

Les troubles sont évolutifs

Les troubles alimentaires évoluent au fil du temps, c’est ce pourquoi leur diagnostic n’est pas évident. Une alimentation sélective peut mener à l’hyporexie (diminution de l’appétit), à l’anorexie (perte de l’appétit), puis à l’apparition de compulsions alimentaires. Dans ⅔ des cas, des comportements anorexiques auront une évolution boulimique, tandis que d’autres resteront purement restrictives.  

Quels en sont les signes ?

Le poids

Le poids oriente le diagnostic, bien que les troubles du comportement alimentaire soient multiples. L’indice de masse corporelle (IMC) est la référence internationale permettant de déterminer des limites :

  • entre 18.5 et 25, souhaitable chez les sujets adultes
  • 25 à 30 correspondant au surpoids
  • supérieur à 30, l’obésité.

On calcule son IMC en divisant son poids (kg) par sa taille au carré (m²). Un sous ou surpoids sera un indice permettant de rechercher un trouble du comportement alimentaire. Un poids instable est également suspect.

D’autres signes pourront alerter, sachant que le trouble est souvent caché, dénié, minimisé, mais qu’il est important que le diagnostic soit posé :

L’aspect de la peau : sécheresse

Des maux divers tels que : constipation, fatigue, malaise, troubles du sommeil, troubles des cycles menstruels, dépressivité ou encore repli.

À noter : il peut y avoir des carences à n’importe quel poids, si l’alimentation est très mal structurée ou s’il y a des vomissements.

Pourquoi les troubles du comportement alimentaire apparaissent-il surtout à l’adolescence ?

• Les changements corporels s’accompagnent d’une augmentation de la sensation de faim à l’adolescence.
• L’excitation comme la gourmandise est une source d’inquiétude et de culpabilité pour l’adolescent.
• La dimension sociale et culturelle : valorisation de la maîtrise, de l’intellect et de la minceur. Les adolescents sont particulièrement sensibles aux modèles sociaux.

A l’aide !

De nombreux organismes et structures prennent en charge les personnes ayant des TCA. Nous ne pouvons pas toujours résoudre seuls nos problèmes, aussi volontaires sommes-nous. Ces comportements conduisent à une détérioration de la santé et les personnes touchées n’ont pas souvent conscience de leur maladie. Alors aidons-les, orientons-les sans les gêner. 

N’hésitez pas à consulter pour vos proches ou pour vous-mêmes :

Sur toute la France, l’AFDAS TCA : Association qui regroupe des spécialistes du dépistage, du diagnostic, de la prise en charge et du traitement et de la recherche sur les troubles du comportement alimentaire, ainsi que des représentants des fédérations et associations de familles et d’usagers :

http://www.anorexieboulimie-afdas.fr/

 

A Paris, la maison de Solenn accueille les adolescents de 11 à 18 ans, seuls ou accompagnés :

http://www.mda.aphp.fr/accueil-ados/

Pour l’entourage, voici le guide “ce que vous pouvez faire et ne pouvez faire pour l’aider”,  réalisé par l’association québécoise de l’anorexie mentale et de la boulimie:

http://www.eki-lib.com/CLIENTS/1-ekilib/docs/upload/sys_docs/Ce_que_vous_pouvez_faire_et_ne_pouvez_faire_pour_laider.pdf